Et vous, vous avez voté contre qui?

28 de abril de 2017 at 8:50
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Manifestation contre la loi Devaquet-Wikimedia Commons

Les Français sont vraiment des malins. Alors que certains pays jouent au poker en misant leur futur sur un scrutin unique, la France fait prudemment ses élections présidentielles en deux tours. Caprice de pays riche? Pour une fois, non. Ce que cette générosité électorale démontre, c’est une connaissance du tempérament français presque… maternelle.

Deux tours, pour quoi faire?
La meilleure façon de comprendre le système français, c’est de penser à celui des examens traditionnels, que vous connaissez très bien.
À quoi servent les examens de juin? À passer quelques nuits sans dormir, à faire confiance à la chance et à se planter à la fin.  Mais qu’est-ce qui se passe en septembre? On devient subitement très raisonnable et on fait enfin ce qu’on nous a demandé. Et ça marche.

Les élections françaises, c’est pareil.
Le premier tour sert à râler et à se faire chouchouter un peu. C’est tout et c’est beaucoup.

Les Français manifestent leur indignation en votant pour les candidats les plus absurdes, les plus nauséabonds ou, parfois, les plus sympas (quand il y en a). Le soir des résultats, les politiciens professionnels font semblant d’avoir très peur, les Français aussi, et tout le monde s’amuse bien.

Pendant les quinze jours qui suivent, l’Humanité observe la France, phare de la Liberté et la Démocratie en péril. Et nous, on aime bien cette sensation.

Le deuxième tour arrive. Il ne reste plus que les deux candidats ayant obtenu les meilleurs résultats au premier tour. Comme les étudiants en septembre, les Français décident que ça suffit de rigoler et ils votent «utile»… en attendant le premier tour des prochaines élections.

L’évaluation continue ne serait-elle pas aussi le futur de la politique française?

 

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