Les beaufs

23 de mayo de 2017 at 10:09
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© Pixabay

Ils sont vulgaires, ils sont vaniteux, ils ont réponse à tout, ils sont réacs. Ce sont les «cuñaos», les nouvelles stars du web. Ne le prenez pas mal, mes chers lecteurs, mais, encore une fois, on avait inventé ça avant vous. Chez nous, depuis très longtemps, le prototype de l’imbécile heureux, c’est le beauf.

La “beaufitude”, une tare génétique universelle?

Le beauf est le descendant d’un personnage du même nom créé dans les années 70 par le dessinateur Cabu (mort en 2015 dans l’attentat contre Charlie Hebdo). Le mot vient de l’abréviation du mot beau-frère et un beau-frère, c’est… bravo: le fils de vos beaux-parents, c’est-à-dire, le frère chéri de votre mari ou de votre femme.

Beau-frère et cuñao se perchent donc sur la même feuille de la même branche des arbres de la forêt généalogique qui tapisse nos deux beaux pays. Cette coïncidence troublante fait qu’on s’interroge (avec un peu d’hypocrisie rhétorique) sur ce qu’ont bien pu faire nos beaux-frères pour mériter une telle réputation.

Mais pourquoi avoir choisi le beau-frère? Pourquoi pas un cousin? Il y en a qui ne sont pas très malins, comme le prouve l’expression espagnole hacer el primo. Qu’est-ce qui les rend les beaux-frères si redoutables des deux côtés des Pyrénées? Voilà les questions que je ressassais inlassablement pendant les longues nuits d’insomnie qui ont précédé ce post.

Eh bien, j’ai trouvé: c’est un facteur quantique. La différence entre un beau-frère et un crétin anonyme réside dans son observateur (vous), qui doit supporter stoïquement et sans broncher ses commentaires les plus impertinents s’il ne veut pas avoir à tous les coups de très, très gros ennuis conjugaux en rentrant à la maison, les soirs de repas de famille…

 

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