À demain…

21 de diciembre de 2018 at 16:02
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Source: Manuel Domínguez Sánchez, «La muerte de Séneca», Wikimedia Commons

Pro-cras-ti-na-tion. J’ai énormément de mal à écrire (et à prononcer) ce mot parce que, quand j’étais petite, je vous jure qu’il n’existait pas. Les gens d’avant procrastinaient sans le savoir, spontanément, ingénument et sans se prendre la tête. Ils disaient «Demain», «Lundi» et «Après les Fêtes» comme ma belle-mère, ou «Y’a pas l’feu!» et «Minute papillon!» comme mon père, ou encore «Ne remets jamais à demain ce que tu peux faire après-demain» comme mon cousin Daniel. ET PERSONNE NE SE SENTAIT COUPABLE.

De nos jours, les choses ont bien changé. La preuve: une vieille copine à moi, qui est coach, a organisé un séminaire pour soigner cette tendance pathologique à différer, à remettre l’action au lendemain, comme dit le Larousse. Quand elle me l’a annoncé, j’ai répondu hypocritement «Génial!» mais, dans mon for intérieur, j’ai eu de la peine. Comment pouvait-elle remettre en cause un pilier de la sagesse populaire? Parce que procrastiner, c’est réfléchir, dans le fond. Et réfléchir, ça nous empêche bien souvent de faire une connerie.

Je sais, je sais. Depuis des siècles, les penseurs nous disent tout le contraire. Mais faut-il les croire? «À force de remettre à plus tard, la vie nous dépasse». OK, Sénèque, mais toi, tu as fini par t’ouvrir les veines, ce qui me serait arrivé si j’avais suivi ton conseil.

Vous connaissez Marie Kondo? C’est cette Japonaise qui nous dit de jeter à la poubelle les trois quarts de nos penderies. Une malade dont j’ai acheté et lu le livre, un jour où mes niveaux sanguins de procrastination étaient anormalement bas. Heureusement, le lendemain, j’étais de nouveau normale et j’ai remis à plus tard toutes mes bonnes résolutions. Merci mes gènes! Car, deux semaines plus tard, qu’est-ce que j’ai vu un matin sur Pinterest? Toutes mes fringues immettables des années 90 qui paradaient sur les photos de mode, pile dans la tendance! Tu te rends compte de la tragédie que j’ai évitée, Sénèque? Alors, retourne dans ton bain chaud et laisse-nous prendre notre temps comme avant.

De toute façon, ne croyez pas que notre civilisation soit en danger. Vous savez combien de procrastineurs se sont décidés à s’inscrire au séminaire de ma copine? Quatre.

Et vous? C’est pour aujourd’hui… ou pour demain? Faites le test de la vidéo!

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