La mauvaise foi

10 de febrero de 2019 at 15:30
Facebooktwittergoogle_plus

Source: Pixabay

«Tous les vices sont laids, mais le plus laid de tous, c’est… MENTIRRRR!», rugissait ma grand-mère. Était-elle pour autant la sincérité incarnée? Bien sûr que non, mes anges, mais elle maitrisait à la perfection l’Art de la Mauvaise Foi. Vous ne savez pas ce que c’est? Allons, allons, ne soyez pas de mauvaise foi! Tenez, je vais vous le démontrer grâce à quelques exemples basés sur des faits réels.

Vulgaires mensonges

Mauvaise foi

J’ai raté mon test en ligne parce qu’il y a eu une panne de courant chez moi. J’ai raté mon test en ligne parce que l’énoncé était mal rédigé.
Je n’ai pas fait ma PAC parce que ma tante est tombée malade. Je n’ai pas fait ma PAC parce que je ne savais pas qu’il fallait la faire.
Mes interventions orales sont spontanées. Je prépare si bien mes interventions orales que j’ai l’air de les lire.
L’anglais est plus facile que le français. Je parle si bien l’anglais que je le mélange sans faire exprès avec le français.
La prof est nulle. La prof me déteste.

Vous saisissez maintenant la différence entre mensonge et mauvaise foi? Pas facile, n’est-ce pas? En fait, elle est si subtile et si mouvante que même les philosophes ne se mettent pas d’accord. Pour Schopenhauer, c’est l’Art d’avoir toujours raison même quand on sait pertinemment que l’on a tort. Chez Sartre, en revanche, la mauvaise foi n’est pas consciente et s’assimile à un manque de lucidité, à un «faire semblant».

Le fait est que la mauvaise foi est infiniment plus jouissive et plus confortable que le mensonge, tout en nous offrant une large gamme de produits dérivés comme, entre autres, le «Tu vois ce que tu m’as fait faire?», le «Moi, j’ai dit ça?» et le «Ah, t’es vraiment mauvais perdant».

Eh oui. Si LE mauvais foie (gras, masculin et avec un e à la fin) est absolument immangeable, LA mauvaise foi (un mot féminin et sans e à la fin) est, elle, un véritable délice.

Facebooktwittergoogle_plus