Très chère Claire

13 de marzo de 2020 at 11:24
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Source: Wikipedia, Claire Bretécher en 1973

Tu t’es éteinte le 10 février dernier. Tu sais, normalement, je ne suis pas du genre à employer des euphémismes ou des métaphores gnangnans du style disparaître, nous quitter ou, pire encore, rejoindre les étoiles. Je préfère dire mourir ou clamser —quand c’est quelqu’un qui ne va pas du tout me manquer— ou encore se faire une situation, une expression alsacienne qui déroute terriblement les Français de l’intérieur, c’est-à-dire, les pas-Alsaciens.

Mais là, toi, tu t’es éteinte.

Très chère Claire, tu t’es éteinte le 10 février dernier et j’ai encore du mal à y croire. D’ailleurs, quand la nouvelle est parue sur le net, elle a tout de suite été démentie. Ouf! C’était une infox de mauvais goût. Et puis non. Quand c’est l’Obs qui l’a confirmée, je n’ai plus discuté et j’ai pleuré.

Très chère Claire, tu t’es éteinte le 10 février dernier, si jeune et si belle que c’était encore plus triste. Et puis les journaux ont dit que tu avais 79 ans et je suis retournée sur le net pour voir des photos de toi et je suis tombée sur des images d’une presque-vieille dame, avec des rides au cou, d’accord, mais avec la même petite coiffure blonde de garçon manqué, la même ironie dans les yeux et le même sourire sarcastique de toujours.

Très chère Claire, toi, oui, tu t’es éteinte le 10 février dernier parce que tu étais lumineuse, brillante, et discrète.

Très chère Claire, quand tu t’es éteinte le 10 février dernier,  je ne savais toujours pas trop bien prononcer ton nom. Je disais Brétéchère mais, en fait (j’ai regardé sur Wikipédia), on doit dire Bretéché. Mais je préfère encore prononcer Brétéchère, comme Chère Claire.

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